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18/05/2020 : Christophe Siébert, le dandy de la RIM…

Je vous ai déjà dit tout le bien que je pense du concept littéraire mis en place par Christophe Siébert (la création d’un univers géographique complet, à savoir la RIM : République Indépendante de Mertvecgorod). Pour plus de détails, et pour m’éviter d’avoir à me répéter, jetez donc un coup d’oeil deux posts plus bas… Au fait, pourquoi le titre de ce post ? Pour tout dire, je ne sais pas si Christophe Siébert est (ou pas) un dandy, mais la photo qui figure dans le premier opus de sa trilogie sur Mertvecgorod m’y fait furieusement penser. Sans parler du jeu de mot vaseux pour célébrer ce poète de la noirceur post-apocalyptique… J’aime bien les à peu près vaseux 😉

Après m’être pas mal documenté sur cette république post soviétique fictive, j’attendais donc avec une certaine impatience de lire « Images de la fin du monde », premier volet du projet de l’auteur. Voilà qui est fait, et je n’ai pas le moins du monde été déçu. Avant de vous dire pourquoi je me suis régalé, je rappelle (et je le ferai souvent) que je n’ai aucune compétence ni prétention en matière de critique littéraire. Je me contente de vous faire part de mes impressions de lecteur, impressions que je tartine ici avec mes goûts (et mes dégoûts), mes a-priori et ma mauvaise foi.

« Images de la fin du monde« . Un sacré programme… J’ai lu ce livre sans débander, ce qui confirme sans la moindre ambiguïté que j’ai aimé. Le style, d’abord. La façon d’écrire de Christophe Siébert possède une fluidité qui me convient bien (pour mon confort de lecteur, c’est parfait), tout en étant pleinement au service à la fois du concept, mais aussi de chaque histoire. Car ce livre est un recueil d’histoires qui peuvent se lire de façon indépendante tout en restant fermement ancrées dans les frontières de la RIM. D’ailleurs, on retrouve certains personnages d’une histoire à l’autre ce qui permet à l’ensemble d’avoir une très grande cohérence. Or, mes goûts de lecteur (encore !) me poussent à rechercher cette cohérence, c’est d’ailleurs ce que je fais dans mes propres écrits (des nouvelles qui sont indépendantes, mais qui font intervenir des personnages récurrents qui surnagent dans un microcosme commun).

NB : à ce propos, mon livre (« Urbain et malpoli« ) est toujours disponible, entre autre, sur le site des Editions Black-Out. Je le précise avant que mon éditeur ne m’envoie ses gros bras pour défaut de publicité et lenteur à écrire la suite…

Pour illustrer musicalement ce post, je trouve que ce titre de Rammstein (« Feuer frei« ) fait parfaitement l’affaire :

Je suis extrêmement fan de Rammstein, j’adore ce style et cette puissance. D’ailleurs, pour ne rien vous cacher, c’est certainement quelque chose comme ça que j’aurais aimé jouer si j’en avais eu la possibilité (et surtout la capacité…).

Pour en revenir à ces « Images de la fin du monde« , les personnages créés par l’auteur se trimbalent dans un univers sombre, glauque et puant, un univers où les néons clinquants des boîtes à sexe ont du mal à percer les nuages de suie. Pas une once d’espoir, pas d’échappatoire non plus, seule l’outrance dans le comportement permet d’améliorer temporairement le quotidien des uns et des autres. Tout est désespéré sans être désespérant, et il faut une surenchère de sexe et de violence pour que les personnages aient le sentiment d’exister. De vivre, en fait, pendant qu’on observe leurs perversions au travers d’une vitre sale.

La RIM peut faire peur, sans doute parce qu’elle nous montre ce que pourraient devenir nos sociétés  si la situation actuelle continue de se barrer en couille. D’ailleurs, je n’ai pas vu  beaucoup d’agences pour l’emploi ni de sécurité sociale à Mertvecgorod… Chacun se démerde comme il peut et les plus forts (méchants ?) survivent.

Oui, Christophe Siébert a bâti un univers très sombre (c’est tellement bien fait qu’on y croit, on est embarqué sans s’en rendre compte dans ce luna park destroy). Il a créé avec force détails une contrée à l’exact opposé de Disneyland. Ici, le « Disney smile » est remplacé par des rafales de Kalache, Minnie par une prostituée sans doute un peu poivrée, et Donald par un garde du corps bodybuildé et cocaïnomane. Picsou, bien sûr, est un ponte de la mafia russe. Quant à Mickey, je vous laisse deviner !

Enfin, l’auteur a eu la très bonne idée de mettre la fiche Wikipédia de la RIM à la fin de l’ouvrage, afin que nous soyons instruits de tout ce qu’il y a à savoir sur cette contrée peu hospitalière.  D’ailleurs, je conseille aux futurs lecteurs de commencer par là (c’est à la page 325).

Images de la fin du monde… Le titre est bien choisi, mais j’espère quand même que nous aurons le temps, avant qu’elle se produise, de lire les deux prochains opus de cette trilogie !

NB : L’éditeur est « Au diable vauvert » et le book se trouve dans toutes les bonnes librairies (sans parler de la FNAC & co).

Enjoy !

 

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