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29/04/2020 : Les chroniques de Mertvecgorod…

« Chroniques de Mertvecgorod » de Christophe Siébert. Je ne connais pas personnellement l’auteur (ce qui aurait pu se faire si il y avait eu une édition 2020 du « Salon des voix mortes » à Clermont-Ferrant où j’avais prévu de me rendre avec le team Black-Out. Une autre fois peut-être ?), mais c’est quelqu’un qui a désormais une notoriété certaine dans son domaine d’écriture, il est d’ailleurs publié Au diable Vauvert ce qui est un gage, s’il en était besoin, de qualité.

Plutôt que de vous décrire ce concept littéraire, lisez plutôt ce que l’auteur (sa bio est ICI et détaille un sacré parcours de vie et d’écriture) en dit :

« La mégapole déliquescente de Mertvecgorod est le véritable héros des Chroniques de Mertvecgorod.

C’est pour cette raison que je parle de « cycle » ou de « série » mais pas de feuilleton : chaque roman est autonome – même s’il est relié aux autres par une vaste intrigue qui se révélera progressivement – et tous pourront se lire dans n’importe quel ordre.

J’ai toujours désiré créer un monde qui serve de terrain de jeu à mes fictions, un bac à sable où m’enfermer jusqu’à la fin de mes jours en emportant tout ce qui me passionne ou me fascine et dont je veux parler en littérature : le crime, la corruption, la violence, l’horreur organique, le fantastique, les rapports de domination, la névrose, la paranoïa, les complots, les monstres, la religion, l’occulte, les fantasmes, l’amour, le cul, les délires technologiques et sécuritaires, la chute.

Mertvecgorod, j’en connais la moindre rue, la météo, les ambiances, les odeurs, les couleurs, les lumières, l’histoire depuis sa construction. Ça fait quatre ans que j’explore chaque jour cette mégapole de sept millions d’habitants, post-soviétique et pré-apocalyptique, dévorée par la pollution, perdue dans la toundra, pourrie jusqu’à la moelle, criblée de surnaturel. La version russe du Los Angeles de Blade Runner. Le Londres de Jack the ripper déplacé à la frontière ukrainienne. Un cauchemar ballardien où Lovecraft et Barker attendent tapis dans l’ombre.

Les Chroniques de Mertvecgorod, « comédie inhumaine » violente et romanesque, traversent plusieurs époques, de l’écroulement de l’URSS juqu’à la fin possible de l’humanité, et dressent un vaste panorama du monde en décomposition qui est le nôtre. »

Christophe Siebert a poussé le réalisme de cette république fictive jusqu’à lui créer une fausse (évidemment) fiche Wikipedia que vous pouvez consulter ICI

Il y a même un visa pour les téméraires  😉

Vous l’aurez compris, Mertvecgorod n’est pas forcément l’endroit idéal pour passer des vacances pépères, mais c’est par contre le lieu parfait pour y dérouler des histoires bien trash et bien sexe comme l’auteur les aimes. Si je vous dis que son livre « Métaphysique de la viande » a obtenu le prix Sade en 2019, vous en déduirez aisément qu’on est assez loin de l’atmosphère des livres de la Comtesse de Ségur.

Pour l’heure, la parution de son prochain livre (« Images de la fin du monde ») est imminente et, comme ça se passe à Mertvecgorod, beaucoup de lecteurs piaffent d’impatience… Tout dépendra en fait de ce satané Covid19 dont, par moments, je me demande s’il n’a pas été bricolé dans quelque labo clandestin de Mertvecgorod par un biochimiste néo punk sous acide… Enfin, normalement, il sera disponible dans votre librairie favorite dès le 15 mai. Juste après la fin du confinement, ça tombe bien, non ? Plus trop longtemps à attendre donc.

Si je vous parle de ce concept littéraire, c’est qu’il me séduit vraiment : la création ex nihilo d’un vaste lieu avec sa géographie (les cartes sont ICI), son histoire, son climat, sa politique et ses traditions… est, je trouve, un tour de force qui permet d’embarquer le lecteur sans même qu’il s’en rende compte. On est tellement « dedans » qu’après la lecture, on peut éprouver le besoin de prendre une douche… L’auteur a également mis en place une chaine Youtube (vous trouverez le lien sur le site dédié à Mertvecgorod) avec un background sonore qui permet de s’immerger un peu plus dans le trip. La deuxième raison de mon enthousiasme est la possibilité laissée aux lecteurs de développer cet univers par des contributions. Lisez plutôt :

« Si vous voulez enrichir l’univers des Chroniques de Mertvecgorod de vos propres oeuvres – textes, illustrations, photos, musiques, films ou quoi que se soit d’autre -, envoyez-moi vos propositions à konsstrukt@hotmail.com et je les mettrai en ligne ici même. Je me ferais également un plaisir de répondre à toute question que vous vous poseriez. »

C’est rare qu’un auteur ouvre un peu la porte de sa création à ses lecteurs, et j’avais vraiment envie de le signaler. D’ailleurs, j’ai l’impression que Richard Palachak, auteur bien connu de l’écurie Black-Out, explore un peu cette piste avec sa page FB « Le 43 ». J’aurai certainement l’occasion de vous en reparler…

Oui, j’aime vraiment ce concept. Et il est probable que vous allez l’aimer aussi. Bien sûr, ce n’est pas de la littérature pour adolescentes post-pubères (âmes sensibles s’abstenir) mais, pour être objectif deux minutes, je me demande parfois si le « vrai » monde n’est pas plus proche de Mertvecgorod que de Dineyland. J’espère me tromper…

Quoi qu’il en soit, je vous invite à aller faire un tour sur le site dédié : c’est ICI

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